Pensées #3: Le sourire du souvenir?

J.23: Ce sourire qui m’accueille, c’est celui du professionnel ou celui du souvenir? C’est difficile de cerner si il a gardé en mémoire mes précédentes venues. 

J.25: Laisse le temps aux choses. Nous bombardons de messages, de photos, sans cesse nous partageons, nous montrons parce que nous voulons montrer, surtout nous voulons que les autres voient, qu’ils regardent plutôt, nous courrons après toute forme de contact, nous courrons après les réactions plus que nous partageons pour partager. Flux sans fin. Laisse le temps aux gens. Arrête de forcer les conversations. Nous n’avons pas beaucoup plus à ajouter aujourd’hui que nous n’avions hier. Arrête de te sentir obligé de maintenir un contact, s’il y a quelque part une chose, une chose qui ait un minimum d’intérêt, elle sera là en temps voulu. Chaque chose arrive à un moment précis pour une raison qui lui est propre. Les mots aussi. Laisse le temps.

dox1

J.27: Un ami américain et moi refaisons le monde autour d’un thé. Je déteste que l’on paie pour moi. Eternelle bataille sur qui invitera l’autre. A l’addition: But madam, I can not let you pay. You’re the girl. – Do you know that it is sexist what you just said?

pensées1dox3dox2

J.16: Dobrý den! – Dobrý den! Jak se máš? – Skvělé! – Ahah! Skvělé! La petite lueur dans ses yeux à travers la vitre, avant même d’ouvrir la porte, m’a déjà confirmée qu’il s’en souvenait. Qu’ils s’en souvenaient.

J.19: Parlez de moi comme d’une comète.

J.22: Lecture de DeLillo, White noise, p.23. Un souvenir me revient. Les sorties à l’hypermarché prenaient la forme d’une aventure quand j’étais petite, elles me donnaient le privilège de m’échapper une demie heure de toute surveillance, de vaguer dans les rayons remplis de produits inconnus, d’emballages colorés, inutiles, que nous n’achetons pas et que nous n’achèterons pas parce que qui dépense réellement le triple pour un yaourt seulement juste parce qu’il offre quelques grammes de boules croquantes goût noisette en plus? Le rayon livres m’offrait une palette de nouveautés de papier glacé. Je me plante devant l’étalage BD. Position stratégique pour le peu de temps que j’ai devant moi. Tout ce choix est excitant. J’ouvre ce qui me plaît. Tout en bas de la pile, il m’appelle, il est trop lisse, il est trop rêche, sa nouveauté accroche encore les doigts, je suis certaine que personne ne l’a jamais pris en main, c’est moi la toute première à tourner ses pages, c’est moi qui ai ce privilège et je ne laisserai aucun autre prendre le relais. Jambes croisées, dos voûté, sur le sol. L’inconfort me fait sentir qu’il est temps, ma mère m’attend. Il me faut beaucoup plus d’aller-retours pour la retrouver cette fois, deux fois, trois fois je fais le tour, je trace dans les allées, fruits et légumes, je ne la vois nulle part, fromages, je sais qu’elle va s’inquiéter, s’énerver, biscuits, il y a tellement de monde, surgelés, surtout les dernières semaines avant Noël, c’est si bondé que moi même ça commence à m’inquiéter. Biscuits. Enfin. Elle ne s’énerve pas. Elle ne s’inquiète pas. Elle sait que je grandis. Je réalise que je grandis. Les yaourts ne sont pas dans le caddis. 

J.7: Relecture, tri avant publication. Je hoche la tête en soupirant. J’espère que c’était l’épuisement. Une comète. Vraiment?

Camille.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :